cultivé


cultivé

cultivé, ée [ kyltive ] adj.
• 1538; de cultiver
1Travaillé par la culture (cf. Mis en valeur). Terres cultivées. Qu'on a fait pousser. Plantes cultivées (opposé à sauvage) .
2Qui a de la culture, une instruction bien assimilée. Esprit cultivé. érudit, lettré. Des gens peu cultivés.
⊗ CONTR. Inculte.

cultivé, ée
adj.
d1./d Mis en culture. Terres cultivées.
d2./d Fig. Qui possède une culture intellectuelle. Esprit cultivé.

⇒CULTIVÉ, ÉE, part. passé et adj.
I.— Part. passé de cultiver.
II.— Adjectif
A.— Domaine de la production agric.
1. [En parlant d'une terre] Qui est traitée, mise en valeur en vue de la production agricole. Champ cultivé; plaine, surface cultivée. La haute colline cultivée et boisée (HUGO, Rhin, 1842, p. 106). De petits jardins cultivés ou sauvages (BOSCO, Mas Théot., 1945, p. 341) :
1. En réalité il n'est pas de pays plus cultivé ni de paysage plus utilitaire. L'aspect d'une Beauce montagneuse et d'une énorme exploitation fruitière.
T'SERSTEVENS, L'Itinéraire espagnol, 1933, p. 23.
2. [En parlant d'un végétal] Dont la production est assurée et éventuellement améliorée par un ensemble de soins appropriés. Espèce, plante, variété cultivée :
2. Culture. Terme employé d'une manière générale pour désigner tout ce qui n'est pas inculte; de là l'expression plante cultivée dont on se sert souvent par opposition à plante sauvage c'est-à-dire qui croît spontanément.
É.-A. CARRIÈRE, Encyclop. horticole, 1862, p. 141.
P. métaph. Il y a en ce moment comme une pression (...) de l'opinion publique cultivée pour me doter d'un instrument de travail (DU BOS, Journal, 1925, p. 365).
3. P. ext. [En parlant d'un être, d'un organisme vivant] Dont les qualités sont entretenues et exploitées à des fins utilitaires ou esthétiques.
a) [En parlant de certaines espèces animales] Qui est élevé dans un milieu favorisant la croissance; p. ext. dont les productions naturelles sont développées. Les aras énormes qui ont l'air d'oiseaux cultivés en serre (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Boitelle, 1889, p. 272).
P. métaph. Elles [les personnes] étaient assez comparables aux perles (...); il en était de véritables, de cultivées, de fausses et de baroques (DRUON, Gdes fam., t. 1, 1948, p. 24).
b) En partic., BIOL. EXP. [En parlant de fragments de tissu vivant] Dont on assure la survie et le maintien des fonctions en milieu artificiel :
3. La glycolyse, d'après ce qui précède, existe aussi bien dans les cultures dont la respiration est normale que dans les cultures en milieu anaérobie et quel que soit le tissu cultivé.
J. VERNE, La Vie cellulaire hors de l'organisme, 1937, p. 131.
c) [En parlant du corps, de l'organisme humain] Dont la forme physique et le développement harmonieux sont entretenus et développés par la gymnastique et l'athlétisme. Le « Gaulois mourant » (...) montre, si on le compare aux statues d'athlètes, la distance qui sépare un corps inculte et un corps cultivé (TAINE, Philos. de l'art, t. 2, 1865, p. 195).
B.— Au fig. [En parlant de la fructification des dons naturels permettant à l'homme de s'élever au-dessus de sa condition initiale et d'accéder individuellement ou collectivement à un état supérieur]
1. [En parlant d'une ou de plusieurs pers., d'une classe soc.] Qui s'est élevé par un travail assidu et méthodique au-dessus de l'état de nature, a développé ses qualités, favorisé l'éclosion harmonieuse de sa personnalité. Gens, homme, public cultivé(s); classe cultivée. Pour écrire littérairement, il faut se figurer pour public une ou deux femmes cultivées, l'une plus prompte d'esprit et l'autre plus douillette de goût (AMIEL, Journal, 1866, p. 93). Officier (...) brillant et cultivé (BORDEAUX, Fort de Vaux, 1916, p. 95).
En partic. Qui possède une bonne culture générale. Sans être vraiment cultivée, elle était remarquablement instruite (MAUROIS, Ariel, 1923, p. 75).
P. méton. Esprit cultivé. Des bourgeois, des nobles, des esprits cultivés, subtils, bizarres, des sophistes et des scolastiques (MICHELET, Peuple, 1846, p. 154).
Rem. On rencontre ds la docum. a) L'emploi subst. Le grand nombre des gens, et je parle des cultivés... (GIDE, Journal, 1923, p. 763). b) Cultivé, en relation sém. avec culture étendu au sens de « civilisation ». Un scrupule d'homme cultivé et hautement civilisé (BARRÈS, Cahiers, t. 7, 1908-09, p. 27).
♦ [En parlant de facultés intellectuelles et artistiques] La raison cultivée réglait l'usage des choses sensibles, corrigeait les erreurs de nos sens, soumettait le corps à l'empire de l'esprit (GUÉHENNO, Jean-Jacques, 1950, p. 11).
♦ [En parlant de sentiments] Les mœurs (...) empêchent que l'amitié ne soit, parmi eux, un sentiment aussi vif et aussi cultivé qu'il l'est chez nous (CRÈVECŒUR, Voyage, t. 3, 1801, p. 113).
♦ [En parlant d'un comportement] Qui est étudié, surveillé. Et le sourire, surtout, l'admirable sourire cultivé (SARTRE, Nausée, 1938, p. 67).
♦ [En parlant d'un sens] Il [Stendhal] a pris pour l'amour de la musique la sensation agréable (...) que produit une belle voix sur l'oreille la moins cultivée (C. SAINT-SAËNS, Harmonie et mélodie, 1885, pp. 8-9).
2. [En parlant d'un domaine d'activité intellectuelle, artistique, de certains modes de connaissance ou d'expression] Qui est pratiqué, perfectionné. Langue, littérature cultivée. La méthode que je propose (...) rendroit facile la connoissance de la langue cultivée (BONSTETTEN, Homme Midi, 1824, p. 101) :
4. La littérature cultivée devient si promptement factice, qu'il est bon de retourner quelquefois à l'origine de toute poésie, c'est-à-dire à l'impression de la nature sur l'homme avant qu'il eût analysé l'univers et lui-même.
STAËL, De l'Allemagne, t. 3, 1810, p. 314.
En partic. [En parlant d'une techn. littér., artistique] Le reflet, révélé par les Véronèse et les Rubens, cultivé par Delacroix (HUYGHE, Dialog. avec visible, 1955, p. 158).
3. P. ext. [En parlant d'une période, d'un lieu] Qui porte la marque d'une culture. On cesseroit de mêler l'accent des siècles grossiers à l'accent d'un siècle cultivé (BONSTETTEN, Homme Midi, 1824 p. 102). En réalité, pays cultivé et peuplé (BARRÈS, Cahiers, t. 11, 1914-18, p. 27).
Fréq. abs. littér. :999. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 1 933, b) 928; XXe s. : a) 1 130, b) 1 420.

Encyclopédie Universelle. 2012.